L’Eglise Saint-Acceul 

Eglise St-Acceul
Eglise St-Acceul

La ville d'Ecouen, célèbre pour son château, Musée national de la Renaissance, abrite un autre chef d'œuvre : l'église Saint Acceul et ses vitraux du XVIe siècle.

Elle est la seule église de France à porter le nom de ce Saint, faisant sans doute référence, à l’origine, à deux personnes distinctes, l’une picarde, l’autre languedocienne, portant le même nom en langue d’Oc et en Picard. Saint Acheul fut le premier évêque d’Amiens. Saint Andéol, évangélisateur du Languedoc, souffrit le martyre au IIIe siècle, les Romains lui ayant scié le crâne en forme de croix. C’est donc portant l’instrument de son supplice qu’il apparaît au portail de l’église.
Si l’édifice est de fondation très ancienne, toute notre connaissance de son histoire jusqu’au XVIe siècle ne repose que sur quelques documents disparus à la Révolution française mais heureusement cités par l’Abbé Leboeuf qui put les consulter dans les années 1740. Dès son arrivée à la tête des possessions familiales en 1536, Anne de Montmorency entreprit de faire reconstruire l’église, dans le cadre d’une véritable politique monumentale destinée à témoigner du rang tenu par la famille. Le droit coutumier impliquant que le seigneur du lieu ait à sa charge la reconstruction du chœur des églises se trouvant sur son fief, les travaux de l’église commencèrent donc alors même que ceux du château ne faisaient que débuter.

Le chœur et le bas-côté, achevés en 1545, portent ainsi la marque du Connétable de Montmorency. Mais le véritable trésor de l’église est constitué par ses vitraux : dix verrières financées par les Montmorency, réalisées entre 1544 et 1587 par les meilleurs peintres verriers de l’époque et miraculeusement restées en place dans leur intégralité. Ces vitraux, adoptant le langage formel de la Renaissance, retracent la Passion du Christ et des scènes de vie de la Vierge. On y distingue des membres de la famille d’Anne de Montmorency qui s’y sont fait représenter.

Le clocher, situé sur le flanc nord de l’édifice, domine le vieux pays. L’architecte Jean Bullant (1520-1578), enterré dans l’église, aurait travaillé à sa construction. Seule partie de l’église s’affranchissant de toute référence à l’art gothique, plus court que d’autres clochers de la même époque, celui-ci semble inachevé, son édification ayant été probablement perturbée par les guerres de religion. Le clocher, qui rythme la vie depuis près de 400 ans au son des trois Angélus et des volées festives, contient trois cloches dont la plus grosse, qui pèse plus de 1400 kg, a été fondue en 1554 et porte les armes et la devise du Connétable. Les deux autres cloches pèsent 850 kg et 600 kg.

La nef a été édifiée en 1709 et, après un premier projet de façade non réalisé faute de moyens, c’est un second projet, élaboré par Garrez, architecte des Monuments historiques, qui voit le jour en 1851.


 

Voir aussi la restauration de l’Eglise Saint-Acceul.

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