Pendant la seconde moitié de XIXè siècle, une importante colonie dartistes français et étrangers sinstalle à Ecouen pour perfectionner ou partager la pratique de leur art.
À partir de 1830, de nombreux artistes
quittent leurs ateliers urbains pour la campagne afin d’y
peindre « sur le motif». C’est ainsi que vers 1856-1860
quelques peintres parisiens décident d’abandonner la capitale
pour s’installer à Ecouen, sur la route de Boulogne-sur-Mer,
alors gros bourg rural d’un millier d’habitants.
Une prédilection pour les thèmes rustiques, l’attrait pour le Château et la forêt, la présence de petites auberges expliquent vraisemblablement l’installation, en ce lieu, de ce petit groupe d’artistes.
Les chefs de file de la communauté artistique d’Ecouen sont Edouard Frère 1819-1886)et Paul Soyer(1823-1903)qui doivent leur renommée internationale au soutien enthousiaste du plus célèbre critique d’art de son époque, l’anglais John Ruskin.
Cette colonie, qui aurait vu le jour tout près de la Gare du Nord, au 18 de la rue de Chabrol, s’ouvre progressivement à l’enseignement. L’effectif de la colonie évolue au gré des arrivées et des départs : il se situe dans une fourchette de 10 à 20 artistes présents, en même temps, dans la ville, entre 1860 et la fin du siècle. Pendant toute la seconde moitié du XIXe siècle, ils auraient été près d’une centaine au total. Entre 1860 et 1895, Ecouen accueille plusieurs dizaines d’artistes étrangers, américains surtout, venus pour la plupart suivre pendant quelques mois ou quelques années l’enseignement des maîtres locaux. Parmi eux : George Boughton (1833-1905), James Crawford Thom (1835-1898) ou encore Henry Bacon (1839-1912), tous trois élèves de Frère et la célèbre Mary Cassatt (1844-1926) qui fit plusieurs séjours à Ecouen.
La mort d’Edouard Frère en 1886 amorce la disparition de la colonie, cette dernière survivant encore quelques années grâce à la présence des paysagistes et animaliers Chialiva et Schenck, deux artistes à la très forte personnalité.
Quelques verrières d’ateliers, certains noms de rues, une collection municipale de tableaux témoignent de cette période féconde de l’histoire de notre ville.
Ces richesses, un peu oubliées,
quelquefois méconnues des Écouennais, ont été mises en lumière à
l’automne 1997, à la suite d’un important travail de
recherche, d’expertise et de restauration initié par la
municipalité.
Le Marché aux Chevaux de Charles
Édouard FRÈRE (Ci-contre)
Scène courante du XIXè siècle où se côtoient
palefreniers, vendeurs et acheteurs de chevaux : le Marché aux chevaux est une
oeuvre remarquable peinte de manière réaliste par Charles-Édouard
FRÈRE (Paris 1837 - 1894 Écouen).
(Inauguration de la toile - Septembre 2007)
Catalogue de la
collection disponible au prix de 3 euros en Mairie d'Écouen
Infos au 01 39 33 09 00