Un peu d'histoire

Château d'Ecouen

Iticiniscoam, Écouen d'hier devient en 632 Iscoam.

Au 13e siècle le village porte son nom actuel d'Écouen.

16e - 17e siècle : un siècle empreint de noblesse

La ville d'Écouen est intimement liée au destin de la famille des Montmorency qui y possédaient un donjon dès le 12e siècle. Au 16e siècle, il s'agit alors de l'une des plus puissantes familles seigneuriales du Royaume de France, très proches des rois.

Anne de Montmorency, connétable de France, transforme au 16e siècle le petit donjon en une somptueuse demeure marquée par l'art de la Renaissance. C'est en haut de la butte que le chantier du monumental chateau est entamé, avec l'aide des plus grands artistes de l'époque.

L'église Saint-Acceul est élevée à la même époque, juste en contrebas du château. Elle est édifiée par le même architecte que le château : le célèbre Jean Bullant.

Le château d'Écouen fut un des lieux de résidence des Rois de France François Ier puis Henri II. Ce dernier promulgue au château le cruel "édit d'Écouen" en 1559 (qui condamnait à mort les luthériens), peu de temps avant les guerres de religion.

Anne de Montmorency y trouve la mort, et le château d'Écouen revient à sa famille. Toutefois, lorsque le dernier Montmorency est décapité sur ordre du cardinal de Richelieu, les terres sont octroyées aux Condé.

Les Condé détruisent alors une aile du château, remplacée par une construction basse (l'actuelle entrée).

18e siècle : la technologie règne à Écouen

À la fin du 18e siècle, Claude Chappe invente le premier système de télécommunication au monde. Il s'agit d'un télégraphe mécanique optique. Pendant la Terreur révolutionnaire, le 12 juillet 1793, Écouen fait partie de la première expérience officielle de transmission optique réussie d'un message sur une distance de 25 km.

Le message délivré entre Ménilmontant (à Paris) et Saint-Martin-du-Tertre en passant par Écouen, en onze minutes, est ainsi rédigé : « Daunoi est arrivé ici. Il annonce que la Convention nationale vient d'autoriser son Comité de Sûreté Générale à apposer les scellés sur les papiers des représentants du peuple ».

La réponse est : « Les habitants de cette belle contrée sont dignes de la liberté par leur amour pour elle et leur respect pour la Convention nationale et ses lois ».

L'expérience étant une réussite, quelques semaines plus tard, le Comité de salut public, influencé par Lakanal, ordonne la construction de la première ligne télégraphique de l'histoire.

Elle relie Paris et Lille, via Écouen et d'autres relais. Ce sont les menaces d'invasion aux frontières qui ont entraîné dans l'urgence l'installation rapide du télégraphe. Au 19 ème siècle, d'autres lignes sont  développées . Puis l'électricité et les chemins de fer rendent obsolète ce système télégraphique optique.

Le relais, à l'origine situé sur la butte, dans la forêt, a disparu. Néanmoins, les travaux récents ont permis de retrouver son emplacement. Une exposition dédiée au télégraphe de Chappe est proposée à l'office de tourisme d'Écouen.

19e siècle : une ville artistique ouverte sur le monde

Au 19e siècle, la ville accueille une colonie de peintres et d'artistes naturalistes venus de toute l'Europe. Leurs toiles se vendaient, à l'époque, très chers sur les marchés d'arts américains. Les peintres font construire de grandes demeures avec de larges baies vitrées pour leur atelier.

De nombreuses rues d'Écouen possèdent les noms de ces artistes : Auguste Schenck, Emmanuel Duverger, Edouard Frère, Paul Soyer, Guillaume Seignac...

Attirés par le panorama et le charme d'Écouen, ses nombreux artistes forment une véritable colonie baptisée "École d'Écouen" qui doit sa renommée internationale au soutien enthousiaste du plus célèbre critique d'art de son époque, le britannique John Ruskin.

Ces peintres sont bien souvent méconnus du grand public. C'est pourquoi la municipalité a engagé en 1997 un important travail de mémoire et de mise en valeur de ce patrimoine artistique, en éditant des brochures et en créant une importante collection municipale de tableaux expertisés et pour certains restaurés. Aussi la galerie de tableaux de l'Hôtel de Ville peut être visitée librement aux heures d'ouverture du batiment.

20e siècle : une ville touristique

De nombreux éléments ont freiné le développement touristique d'Écouen au 19e siècle et au début du 20e siècle : l'absence d'une gare ferroviaire, et surtout l'impossibilité de visiter le château (resté maison d'éducation jusqu'en 1962).

En 1969, André Malraux, alors ministre de la Culture, décide d'installer au château d'Écouen le musée national de la Renaissance, pour exposer les collections françaises de cette époque.

Après d'importants travaux, le musée ouvre ses portes en 1977, ouvrant la voie au tourisme.Avec l'ouverture de l'office de tourisme d'Écouen et les nombreuses rénovations opérées par la municipalité depuis les années 2000, la commune attire de plus en plus de visiteurs.

Ancienne demeure
Château d'Ecouen
Repères : 

Tous les mois au Manoir des Tourelles une exposition vous est proposée.

La carte touristique de la ville est disponible en Mairie et à l'Office de Tourisme.